Quid des jeunes européens ?

La France, mauvaise élève de l’Europe ?


La France serait-elle la mauvaise élève de l’Europe ? Les chiffres l’affirment : en 2009, le taux d’emploi des 15-29 ans y est inférieur de deux points à la moyenne des 27 pays membres de l’Union Européenne et de quatre points à celle de l’Union à 15. Mais cette situation est contrastée : très mauvaise sur les 15-24 ans, bien meilleure sur les 24-29 ans, notamment grâce au nombre de femmes qui travaillent …

 

La faible proportion de jeunes de 15 à 24 ans qui travaillent explique en partie le mauvais classement de la France dans les statistiques européennes. Un grand nombre d’entre eux suivent des formations longues au cours desquelles, contrairement à d’autres pays, ils n’ont ni « petits boulots » ni formations en alternance. Ce mauvais résultat s’explique aussi par une forte segmentation du marché du travail selon l’âge, par l’échec du système éducatif qui laisse sortir chaque année 160 000 jeunes sans aucune qualification, et par une transition plus difficile que dans d’autres pays entre la formation et le travail. Ainsi, seulement 5 % des 15-24 ans sont en apprentissage en France contre 11 % en Allemagne…

Une autre particularité française dommageable, selon l’Observatoire des Inégalités, est un taux de chômage dépassant régulièrement les 40 % dans certaines ZUS.

Ce taux de chômage des 15-24 ans a recommencé à augmenter, comme pour l’ensemble de la population active, au cours du 1er semestre 2008, pour s’établir à 23,4 % à la fi n 2009 (contre 21% en moyenne dans les 27 pays de l’UE). Au total, si l’on ôte les étudiants, un sixième de cette classe d’âge est aujourd’hui à la recherche d’un emploi. À la même date, ce taux était plus élevé dans cinq pays de l’Union à 15 : la Suède, l’Italie, l’Irlande, la Grèce et surtout l’Espagne ; à l’inverse le Pays-Bas, l’ Autriche, le Danemark et l’Allemagne faisaient nettement mieux... Par la suite, cependant, la situation des jeunes Français s’améliore. Entre 25 et 29 ans, le taux d’emploi français est supérieur d’environ quatre points aux moyennes européennes. En effet, les taux d’activité sont plutôt élevés en France après la fin des études, en particulier pour les femmes.

 

L’emploi des jeunes : une priorité européenne

 

L’emploi des jeunes est une priorité pour l’Europe qui a lancé en septembre 2010 « Jeunesse en mouvement » (Youth on the move). Le but : améliorer la mobilité des étudiants et des apprentis et hausser le niveau des qualifications. Après Erasmus qui visait les diplômés, le projet Europe 2020 s’adresse en priorité aux six millions de jeunes qui chaque année quittent le système éducatif sans formation.

La prospérité à venir de l’Europe dépend de ses cent millions de jeunes Européens, qui représentent un tiers de sa population totale. Or chaque année, dans l’Union Européenne, six millions de jeunes se présentent sur le marché du travail avec des qualifications correspondant, au mieux, au premier cycle de l’enseignement secondaire. D’après les projections, 35 % des emplois qui seront créés d’ici à 2020 requerront des qualifications de haut niveau et 50 % des qualifications de niveau intermédiaire. La Commission souhaite donc que le pourcentage de titulaires d’un diplôme de l’enseignement supérieur passe de 31 % aujourd’hui (par rapport à 40 % aux Etats-Unis) à au moins 40 % d’ici à 2020. Un des objectifs phares de la stratégie Europe 2020 est aussi de ramener sous la barre des 10 % le taux d’abandon scolaire, de 14,4 % en 2010. Des études indépendantes montrant que plus de 40 % des employeurs accordent de l’importance à l’expérience acquise dans le cadre d’études ou d’un emploi à l’étranger, « Jeunesse en mouvement » vise à étendre les possibilités de mobilité à des fins d’apprentissage. Et le programme propose dix actions prioritaires pour améliorer l’employabilité des jeunes afin de tendre vers l’objectif d’un taux d’emploi de 75 % dans l’UE en 2020.

 

Dix actions-phare

 

La lutte contre le décrochage scolaire et la volonté de réintégration des jeunes à risque (15 % des Européens de 20 à 24 ans ne travaillent pas et ne suivent ni études ni formation) sont prioritaires. Pour aider les autres jeunes, diplômés ou pas, à s’insérer, il s’agit d’abord d’identifier les postes vacants en Europe, les goulots d’étranglements et les disparités du marché européen du travail : créé en 2010, un Observatoire européen publie dans ce but deux bulletins trimestriels. Le premier numéro identifiait les cinq emplois les plus demandés en Europe : professionnels des finances et de la vente ; des services de ménage et de restauration, de la santé et travailleurs associés ; mécaniciens et monteurs d’équipement électrique et électronique ; vendeurs en magasin et représentants. Secundo, un nouveau système de micro financement doit permettre d’aider de jeunes entrepreneurs à créer ou à développer leur entreprise. Tertio, pour promouvoir la mobilité, un site web va centraliser les informations sur les possibilités d’étudier ou d’acquérir une expérience professionnelle à l’étranger, y compris grâce aux bourses octroyées par l’UE. Et un tableau de bord de la mobilité renseignera sur la suppression des obstacles juridiques et techniques freinant la mobilité à des fins d’apprentissage, car l’apprentissage à l’étranger doit devenir la règle et non l’exception. Un classement international des universités est prévu. La Commission envisage la création, en collaboration avec la Banque européenne d’investissement, d’un système européen de prêts aux étudiants désireux d’étudier ou de se former à l’étranger. Sont prévus également une carte Jeunesse en mouvement offrant divers avantages et réductions ainsi qu’un passeport européen des compétences, inspiré d’Europass (CV en ligne européen), afin de pouvoir consigner les compétences acquises d’une manière transparente et comparable. D’ici à 2020, tous les jeunes Européens devraient avoir la possibilité d’effectuer une partie de leur parcours éducatif à l’étranger, y compris une formation sur le lieu de travail.

Pour en savoir plus : http://europa.eu/youthonthemove/europe2020_fr.htm

 

Mobilité de l’emploi : l’Europe à l’heure d’Eures


Seuls quelque 2 % des citoyens européens vivent et travaillent dans un État membre autre que leur pays d’origine. Pourtant, il y a de nombreux avantages à travailler à l’étranger : la possibilité d’acquérir de nouvelles compétences professionnelles mais aussi personnelles, celle de découvrir des perspectives différentes et bien sûr d’enrichir sa connaissance d’une langue étrangère. Eures, portail européen sur la mobilité de l’emploi renseigne avec quelque finesse sur les emplois vacants dans 31 pays européens. Il donne également des informations basiques sur la vie et les activités professionnelles à l’étranger. Cités également par Eures, l’Observatoire européen des postes vacants et le Bulletin européen sur la mobilité de l’emploi, lancés dans le cadre de l’initiative phare d’Europe 2020 intitulée «Une stratégie pour des compétences nouvelles et des emplois », livrent aussi des enseignements importants sur les besoins des différents marchés du travail. Renseigné par les enquêtes européennes (Eurostat) et les tendances communiquées par les services publics de l’emploi (SPE), les agences d’intérim et les services en ligne, l’Observatoire note des signes de pénurie, pour les professions techniques, les artisans et ouvriers des métiers de type artisanal, les conducteurs d’installations et de machines et les ouvriers de l’assemblage.

 

Le Bulletin européen sur la mobilité de l’emploi liste les cinq types d’emploi les plus demandés :

 

  • professionnels des finances et de la vente : 11 800 postes vacants en Allemagne, 2 800 en Belgique, 2 800 en France;
  • vendeurs et démonstrateurs en magasin : 6 200 postes vacants en Allemagne, 1 800 en Autriche, 1 300 en France;
  • personnels soignants et assimilés : 21 600 postes vacants au Royaume-Uni, 12 500 en Allemagne, 1 200 en France;
  • vendeurs à l’étal et sur les marchés : 20 000 postes vacants au Royaume-Uni, 4 000 en Belgique, 800 en Allemagne;
  • professions intermédiaires de la médecine moderne : 7 600 postes vacants en Allemagne, 2 900 en Belgique, 500 en France.

 

D’autres professionnels sont de plus en plus recherchés: les caissiers, guichetiers et assimilés, les responsables des ventes et de la commercialisation ainsi que les responsables des services administratifs et financiers, les professionnels des services de ménage et de restauration, les employés de bureau assurant des tâches générales, ainsi que les mécaniciens et ajusteurs d’appareils électriques et électroniques.

Autre estimation utile, à plus long terme, celle des départs massifs du marché du travail attendus à l’horizon 2020, époque à laquelle la grande majorité des secteurs auront perdu au minimum 35 % de leurs actifs de 2005 avec, en tête, les secteurs de l’énergie, de l’agriculture et des activités immobilières. Les employés de maison, les aides à domicile et aides ménagères, les assistantes maternelles, les cadres et employés de la banque et assurance, les dirigeants d’entreprises ou encore les médecins sont les métiers les plus concernés par des taux de départ élevés. Et qui ont donc, à moyen terme, un urgent besoin de professionnels bien formés !

www.eures.europa.eu/


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