Le pari de l'alternance

En 2011, de nouvelles mesures ont encore simplifié et encouragé l’alternance, principale réponse gouvernementale au problème de l’emploi des jeunes. Apprentissage et professionnalisation répondent à leur désir d’une approche concrète. La volonté de concilier travail et formation, pratique et théorie, est louable, mais le système qui demande de trouver une entreprise accueillante en phase avec les études souffre parfois d’un manque de dynamisme. Pourtant l’alternance a fait ses preuves en terme d’insertion professionnelle des jeunes et c’est un formidable moyen pour les entreprises de former puis de recruter des futurs collaborateurs.

Avec un taux d’insertion de 82 à 85 % pour les apprentis diplômés sur une période de moins d’un an (trois sur quatre bénéficiant d’un emploi en CDI) l’alternance est une voie royale vers l’emploi. Selon le Haut Conseil de l’Education, trois ans après la fin de sa formation, un jeune passé par l’apprentissage aurait un salaire 3 % plus élevé que les autres. Et s’il n’est pas immédiatement recruté, la fameuse « première expérience requise » figure quand même sur son CV. Les formations en alternance représentent donc une part croissante de l’emploi des jeunes en 2011, l’objectif étant à l’horizon 2015 de 800 000 à un million d’alternants par an – dont au moins 600 000 apprentis - grâce à de nouvelles mesures gouvernementales.

 

L’alternance doit surmonter quelques résistances, et d’abord une image injustement négative. Enseignants et parents craignent de bloquer l’avenir d’un enfant en l’orientant trop tôt vers l’apprentissage. Les parents des alternants actuels ont fait leurs études à une époque où ce dernier se restreignait à des formations techniques. Trois quarts des apprentis, aujourd’hui encore, n’ont pas dépassé le bac : mais un quart étudie et travaille dans le supérieur. Les 1 300 formations disponibles couvrent un éventail de diplômes d’un niveau post-bac à bac+5. En 2008-2009, près de 23 000 jeunes ont passé un diplôme d’ingénieur ou un mastère spécialisé en alternance. Pour faire mieux connaître ces formations exigeantes, la création de passerelles systématiques vers l’université ou l’école d’ingénieurs, s’avère nécessaire pour rendre cette formation plus attirante.

 

Pour entamer son cursus, l’apprenti doit trouver à la fois l’entreprise et le CFA, car choisir une formation sans avoir trouvé l’entreprise, ou le contraire, invalident les deux. Nombre de CFA aident leurs jeunes en contrat d’apprentissage à trouver l’entreprise qui va les accueillir. Leurs places, régies par une convention d’Etat, ne sont pas extensibles. Île-de-France, Rhône- Alpes, PACA, et Pays de la Loire concentrent 42 % de la formation des apprentis.

 

L’alternance est un mode de formation exigeant. Dès la signature du contrat de travail, la vie de l’alternant se scinde entre l’entreprise et à l’école suivant une répartition décidée par le CFA : deux jours/trois jours ou deux semaines/trois semaines. En échange de ce rythme soutenu, l’apprenti touche une rémunération, profite des avantages proposés à l’ensemble de ses salariés, et bénéficie d’une formation coûteuse (de 2 500 euros à 10 000 euros en IIIè cycle). Si l’alternance n’est pas un remède miracle au chômage, elle offre toutes les chances d’un départ gagnant dans la vie professionnelle.

 

Un portail dédié à l'alternance

Ce portail internet proposant plus de 60 000 offres d’alternance en ligne est destiné à faciliter les démarches des jeunes âgés de moins de 26 ans en vue de l’obtention d’un contrat de professionnalisation ou d’apprentissage. A terme, il doit permettre la saisie en ligne des formulaires Cerfa qui constituent les contrats, leur transmission aux organismes intermédiaires, et même la saisie de la paie.

Plus d’infos sur : contrats-alternance.gouv.fr

 

Ce qui va changer avec les nouvelles mesures en faveur de l'alternance :

  • « Zéro charges sociales » pendant six mois voire un an pour les PME engageant un alternant supplémentaire.
  • Quota d’alternants relevé à 4 %. pour les entreprises de plus de 250 salariés. Bonus pour les entreprises dépassant ce quota.
  • Accès pour les alternants de plus de 18 ans aux logements et à la restauration universitaires, au Crous et aux réductions étudiantes.
  • Assouplissement de l’ancienneté requise pour être maître d’apprentissage .
  • Possibilité d’enchaîner deux contrats de professionnalisation.
  • Jusqu’au 31 décembre 2011, toute embauche d’un alternant supplémentaire de moins de 26 ans en apprentissage ou en professionnalisation donne lieu à une compensation des charges patronales pendant un an.
  • Programme d’investissement de 500 millions pour créer cinquante projets de formation et des solutions d’hébergement.
  • Réforme de la taxe d’apprentissage pour financer ce nouveau programme.

Plus d’infos sur : www.emploi.gouv.fr


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